jeudi, mai 25, 2017

MEMO POUR CHAPITRE VII DES NU

Catégorie : NEWS

MEMORANDUM DU PARTI FNL SUR LA NECCESSITE IMPERIEUSE D’APPLIQUER AU BURUNDI LE CHAPITRE VII DE LA CHARTE DES NATIONS UNIES

Le monde entier suit de près ce qui se passe au Burundi depuis que le parti CNDD-FDD est aux commandes de la république. Depuis le 26 avril 2015, date del’éclatement de la crise politico-sécuritaire et sociale au Burundi, beaucoup d’organisations tant nationales qu’internationales n’ont ménagé aucun effort pour tenter de ramener au droit chemin les décideurs de Bujumbura, en vain !

Aujourd’hui comme hier, beaucoup de victimes innocentes continuent de tomber sous la dictature de M. Nkurunziza. Le parti FNL, dont les militants continuent à subir toutes les formes de harcèlement, d’intimidation, d’arrestations arbitraires, d’emprisonnement, de disparitions et d’exécution extrajudiciaires, observe et constate que malgré les ballets diplomatiques qui se sont succédé depuis, le pouvoir de Bujumbura en fait toujours à sa volonté.

Nous sommes d’autant préoccupés, plus que quiconque, car notre combat depuis plus de trente six ans, a été toujours de restaurer un Etat de droit, juste et démocratique, où tout citoyen, tout étranger se sentirait à l’aise et où tous les burundais vivraient en parfaite harmonie.

  1.  Situation politico-sécuritaire

Le pouvoir CNDD-FDD n’a pas caché sa vraie face dès le lendemain de sa prise de pouvoir. D’aucuns se souviendront des exécutions sommaires et extrajudiciaires des membres du parti FNL en 2006, dont les corps sans vie ont été retrouvés embrochés dans la rivière RUVUBU en province de Muyinga. Les dénonciations, les cris d’alarme n’ont pas suffi pour faire fléchir le pouvoir. Il s’est par la suite plutôt illustré par le déni de la démocratie, dont les principes les plus élémentaires ont été systématiquement et de façon répétitive bafoués, car visiblement le CNDD_FDD voulait et l’affiche encore, éditer l’exploit des temps passés, « se positionner en parti unique, parti-Etat ». Pourtant ils auraient dû se rappeler que c’est ce même genre de gouvernance qui les a conduits au maquis et que donc les mêmes erreurs produiraient les mêmes effets.

Il s’en est suivi une chasse à l’homme de tous ce qui n’épousaient pas leur idéologie, allant des militants des partis politiques, des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes ou tout citoyen dont ils ne s’assurait pas le contrôle total. Cette situation a crée une crise de confiance sans précédent entre les différents acteurs de la vie sociopolitique, dont le résultat a été couronné par la dislocation du leadership de quasi tous les parti politiques forts, suivant le plan du nom de « NYAKURISATION », où les leaders reconnus et respectés par leurs militants se sont vus éjectés au bénéfice de marionnettes à la solde du pouvoir. La goutte qui a fait déborder le vase est cette arrogance du CNDD-FDD, qui contre toute attente, a défié toute perspective en voulant se défaire de l’accord d’ARUSHA pourtant chèrement acquis, et violer de façon fragrante la constitution qui en est issue.

B. Etat des lieux pour le parti FNL

Notre parti qui a renoncé officiellement à sa lutte armée depuis 2009 avant son agrément, n’a jamais eu les facilités de travailler ni de fonctionner librement au Burundi. Contraint à fuir les places publiques de 2010 à 2013, le président du parti Agathon RWASA s’est retrouvé assiégé et gardé en résidence surveillée dès sa réapparition à Bujumbura le 06/08/2013. Son seul péché a toujours été le refus de répondre aux sollicitations à servir les intérêts plutôt du CNDD-FDD que ceux de son parti et de la nation burundaise. Ses militants principalement, eux qui constituent la cible et la proie facile du régime en place, sont ouvertement pourchassés partout, sans répit. Les victimes « BANAMARIMWE » de tous les gouvernements CNDD-FDD qui se succèdent de 2005 à aujourd’hui se comptent par milliers !

Au nom et à la tête « officielle » du parti FNL, le gouvernement a placé depuis 2010 un de ses innombrables porte-parole, un homme de paille qui milite mieux pour le parti présidentiel, en la personne de BIGIRIMANA Jacques. La même personne jouit d’autres responsabilités privilégiées, notamment celles de présider une soit-disante opposition extra-parlementaire, roulant pour le CNDD-FDD, connue sur papier mais inexistante sur le terrain. Ses fréquentes sorties médiatiques ratées continuent de choquer tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il a été associé aux massacres des FNL lors des campagnes meurtrières spécialement menées dans le cadre du plan baptisé en 2010 «  SAFISHA », lequel plan a conduit à la mort des centaines de membres du parti, froidement abattus, décapités ou suppliciés dans les différentes boucheries du service national de renseignement (SNR).

Il y a quelques semaines, nous avions dressé une liste non exhaustive des militants et fidèles de l’ Hon. Agathon RWASA arrêtés, disparus, humiliés sur place publique, par les miliciens Imbonerakure épaulés par les forces de l’ordre en collaboration avec les mouchards de l’administration. Un mois après la désignation de l’ancien maquisard général Evariste Ndayishimiye au poste du secrétaire général du parti-Etat, le chiffre oscille autour de cent cas déjà documentés. Ils sont, pour la plupart, accusés de tenir des réunions non autorisées, et vite conduits en prisons sans aucune autre forme de procès.

Concernant ce nouvel homme fort du parti présidentiel, il est à signaler qu’il ne cache plus sa détermination d’instaurer un monopartisme de fait au Burundi. En l’écoutant calomnier Hon. Agathon RWASA qu’il réduit à un « simple citoyen ordinaire, sans parti d’appartenance », il y a lieu d’établir un lien entre ses propos injurieux et la filature résurgente dont le leader historique des FNL est la cible aujourd’hui. Presque tous les gouverneurs et administrateurs s’autorisent à lui refuser les contacts avec non seulement ses fidèles, mais et malheureusement avec les membres directs de sa famille. C’est ce qui lui est arrivé le 23/9/2016 à NGOZI, où l’Administrateur de la commune MARANGARA, appuyé par le gouverneur de province, vient de lui interdire carrément une simple visite à une parenté qu’il n’avait plus revue depuis presque trente ans!

Les violences dont sont victimes les FNL n’épargnent plus les autres membres de la société Burundaise. Le Général NDAYISHIMIYE et sa tristement célèbre milice Imbonerakure traquent les membres fidèles aux directions originales des partis de l’opposition. Les activistes de la société civile ont été réduits au silence dans le pays, contraints à l’exil pour le gros de leurs responsables. Les radios privées survivent grâce à une tactique de guérilla médiatique, dans des conditions de clandestinité.

Au regard de ce tableau très sombre du paysage politico-sécuritaire burundais, le monde est appelé à agir. Le parti FNL soutient toutes les initiatives sous-régionales, régionales ou internationales qui visent à arrêter le cycle des tueries sélectives contre des citoyens innocents. Le rapport des enquêteurs indépendants de l’ONU vient de tirer une sonnette d’alarme sur la situation. Ces experts ont suffisamment montré, des preuves à l’appui, que des groupes politico-ethniques sont sérieusement menacés par des bourreaux sans foi ni loi. Les FNL ayant payé le plus lourd tribut pendant la décennie de la dictature de NKURUNZIZA. Le conflit né du mandat maudit de NKURUNZIZA a déjà fait de nombreuses victimes, pendant qu’il déverse continuellement des centaines de milliers d’autres Burundais sur le chemin d’exil, dans des camps de réfugiés où la maladie, la faim et même la mort sont des dangers réels auxquels ils font face chaque jour. Les relations tendues entre le Burundi, ses partenaires traditionnels et ses voisins, particulièrement le Rwanda, sont un des signes avant-coureurs du risque d’embrasement général.

  1.  Recommandations

Nous nous réjouissons du récent rapport des experts indépendants des Nations Unies, qui, encore une fois épinglent les méthodes peu orthodoxes qu’utilise le pouvoir d Bujumbura et décrie de façon alarmante la situation des droits de l’homme au Burundi.

Ainsi, le parti FNL se trouve en droit de demander :

1.-Au gouvernement de Bujumbura de :

-          Dissoudre et désarmer sa milice imbonerakure sans délai,

-          Rétablir dans leur droit le leadership des partis politiques pour le bon fonctionnement de la démocratie, conformément à la feuille de route convenue à KAYANZA au mois de mars 2013,

-          Rétablir les médias indépendants et privés, gages de la libre expression,

-          Cesser les massacres des opposants politiques, de la société civile, des médias et toute forme d’intimidation, de harcèlement et d’emprisonnements à mobile politique ou d’opinion,

-          Cesser toute forme de manipulation ethnique et se rendre compte que les manifestations forcées et presque quotidiennes, hostiles aux partenaires traditionnels du Burundi sont contre productives,

-          Passer sans objection et sans alibi à l’application de la Résolution du Conseil de droits de l’homme des Nations Unies et coopérer pleinement avec les enquêteurs,

-          De tenir compte de tous les conseils lui prodigué par le monde entier et tout mettre en œuvre pour corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard,

-          D’accepter l’application de la Résolution 2303 des Nations Unies et permettre le déploiement des deux cents observateurs de l’UA sans délai,

-          Accepter les négociations inclusives sous la médiation régionale afin d’organiser des nouvelles élections qui répondent aux normes internationales.

2.-A la communauté internationale

Nous saluons le récent rapport de la commission des droits de l’homme des Nations Unies sur le Burundi (EINUB), établie conformément à la résolution S-24/1 du Conseil des droits de l’homme et voté le 30/09/2016. Il témoigne de l’intérêt de l’ONU à venir en aide au peuple burundais et en finir avec cette crise qui n’a que trop duré. Il montre clairement combien la situation ne cesse d’empirer dans le pays. Des violences de masse et de graves violations des droits de l’homme, commis d’avril 2015 à fin juin 2016 au Burundi, sont imputées directement aux autorités gouvernementales ou à leurs mandataires publics.

Pour le FNL, les faits rapportés par les enquêteurs corroborent parfaitement la réalité que vivent nombre de burundais non acquis au 3ème mandat illégal et inconstitutionnel de M. NKURUNZIZA.

Nous voulons insister et encourager les Nations Unies à aller de l’avant et à ne pas s’arrêter seulement à la proclamation de bonnes intentions. Pour le parti FNL, les Nations Unies ne devaient pas reculer devant le chantage, manifestations forcées, les intimidations et les menaces du régime NKURUNZIZA.

Que le pouvoir actuel en arrive à tout vouloir mettre au dos de la communauté internationale est tout simplement ridicule. Elle n’a fait que son devoir, celui de venir en aide à un peuple meurtri dans son fort intérieur. Le gouvernement de Bujumbura devrait ainsi cesser de se morfondre dans des tergiversations inutiles, et entendre le cri d’alarme lui lancé par le monde entier.

En accord parfait avec tous les éléments de preuve produits par les enquêteurs indépendants des Nations Unies, le parti FNL soutient totalement la recommandation urgente d’engager l’application intégrale du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies sur le Burundi, dans ses dispositions spécifiques au cas par cas.

Le FNL ne comprendra jamais aucune raison de retard à une intervention pour « rétablir ou maintenir la paix et la sécurité internationales » dans le cas présent du Burundi. L’urgence s’impose. C’est la seule voie qui reste pour faire entendre aux tyrans de Bujumbura que la Communauté internationale est encore capable de se faire respecter et de faire respecter les droits de l’homme partout au monde, y compris au Burundi.

Fait à Bujumbura, le 03 octobre 2016

Pour le parti FNL,

Aimé MAGERA, porte parole